L’Amour d’un père pour sa fille, L’Amour d’Alysia pour Steve: l’Amour avec un grand A.

Alysia Abbott, fille de Barbara et Steve Abbott (poète) raconte son enfance passée au côté de son père.
Suite au décès précoce et tragique de sa maman en 1972, Alysia quitte Atlanta avec son père pour partir vivre à San Franscico.
San Franscico, QG gay dès les années 70, ville ou son père assumera pleinement sa sexualité jusqu’alors restée discrète…
Bisexuel puis ouvertement homosexuel à la mort de Barbara, Steve souhaiterait non sans mal, ne pas autant mettre en avant sa sexualité exacerbée.
Au fur et à mesure des années Alysia assumera de moins en moins l’homosexualité exubérante de son père et verra avec un œil plus objectif l’unicité de son enfance ..
Assistant aux soirées gay, rencontrant les amants de son père et vivant l’émancipation de la communauté gay au milieu des années 75; Alysia va vivre une enfance unique.
Après l’homophobie, les drogues dures, le sida arrive subitement et met à mal toutes les idées reçues de l’époque.
La maladie violente touchera une grande partie de la ville et le cercle proche de Steve …

Ce livre nous ouvre un regard subjectif mais historique sur le San Franscico gay des années 80.

L’histoire est belle, l’histoire est vraie. C’est d’ailleurs ce qui rend si poignante.
Relaté avec des flashbacks, par le biais des souvenirs d’Alysia et des carnets de son père, le roman se construit autour du ressenti de la jeune femme.
On ressent l’amour profond d’Alysia pour son père et la ferveur avec laquelle elle découvre ses écrits des années après sa mort.
On sent aussi le culte voué à cet homme, placé sur un piédestal indétrônable.

C’est un récit heureux et douloureux que nous livre l’auteur qui se rend compte que malgré les efforts de son père, leur vie diffère de celles de ses camarades d’école.
Alysia apprend vite que la normalité est un mot qui se définit différemment selon les familles…
De jolis moments sont racontés avec humour comme l’apprentissage que lui inculque son papa du fameux « Pipi debout », les voyages seule en avion à l’âge de 3 ans ou encore la honte ressentie à l’adolescence quand ses amies lui recommandent de se laver et de mettre du déodorant (détails omis par Steve…)!
Dès l’âge de 5 ans Alysia apprendra d’ailleurs à tenir la maison et rester seule le soir chez elle.

Ce livre est un beau récit familial à la fin tragique mais néanmoins prévisible compte tenu de l’ombre du sida qui plane à cette époque.
Racontée avec des yeux d’enfants mais une analyse d’adulte, l’auteur nous invite à regarder notre propre enfance différemment…

 » Mon père m’emmenait partout, me présentait à tout le monde et travaillait dur pour me mettre sur un pied d’égalité. Et comme j’étais une enfant précoce et que Papa était un adulte enfantin, à certains égards nous étions sur un pied d’égalité. »

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